Gueule d’Ange
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Gueule d’Ange
Vu le 22 mai 2018, avant-première Mk2 Bibliothèque à Paris
Un film de Vanessa Filho
Gueule d’Ange : deux mots d’un lexique totalement opposé qui décrit bien la situation du film.
Un besoin d’amour, un manque d’amour. Une insécurité. Autant d’une mère, que d’une petite fille. Ces deux personnages se sentent finalement bien seules. Chacune à sa manière, va essayer d’avancer tant bien que mal. En passant par des moments très bas, comme des (grands) moments de joie, mais qui restent malheureusement trop brouillons, causés par un mal-être incurable.
La clé de l’amour ? C’est peut-être leur cohésion, leur union. Comme le dit le dicton « l’union fait la force ». Mais ici, on veut aussi mettre en lumière, cette possession, qui ronge ; cet obstacle qui bloque l’une ou l’autre, l’une après l’autre. L’amour d’une mère pour sa fille, l’amour d’une petite fille pour sa mère, qui est son modèle. Une mère perdue, désarmée, désemparée de tout, et profondément seule.
Mais, Gueule d’Ange, c’est Elli, cette petite fille au regard triste. Le film est tenu principalement par elle, qui maintient le niveau du film. Elle porte clairement le film. On s’attache, on ne comprend pas toujours tous les actes, on a envie de l’aider. Une petite fille qui prend soin de sa mère, en sachant très bien, du haut de ses 8 ans, que sa mère n’est pas comme toutes les mamans devant l’école. Une mère « bimbo », alcoolique, profondément seule.
Filmé de manière très (trop ?) proche, peut-être un peu trop au début du film, Vanessa Filho montre les détails, avec des plans serrés pour capter l’émotion et montrer, de la manière la plus réaliste possible, la tristesse et la colère que ces deux personnes renferment ; elle prend le temps, pour que l'on s’arrête, vraiment, sur tous ces détails importants.
Gueule d’Ange reflète une solitude, un immense besoin d’amour. Pari réussi.
Sortie officielle : 23 mai 2018
